Note
HELENE BERTAUX (1825-1909)
par Mathilde Huet
Il y a tout juste 100 ans ... disparaissait à Saint-Michel de Chavaignes (Sarthe), quasi oubliée, la sculptrice Hélène Bertaux, dite aussi Mme Léon Bertaux (1825-1909).
Issue d'un milieu modeste, et formée au départ dans l'atelier de son beau-père Pierre Hébert, elle souhaita rapidement offrir aux femmes attirées par la sculpure un enseignement digne de ce nom et financièrement abordable, en ouvrant dès 1873 un atelier de modelage, puis un atelier de sculpture pour femmes en 1880. Elle fut également la fondatrice (en 1881) et la première présidente de l'Union des Femmes Peintres et Sculpteurs (U.F.P.S.), reconnue d'utilité publique en 1892.
Bravant les interdits, son opiniâtreté permit à ses consoeurs d'entrer enfin à l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris à partir de 1897, puis de concourir au Prix de Rome à partir de 1903. Elle devint également en 1896 l'unique membre féminin dujury de sculpture du Salon des Artistes Français.
Elle reçut de nombreuses commandes pour le décor d'édifices publics dont notamment une statue en pied du peintre Chardin pour une des façades de l'Hôtel de Ville de Paris, deux frontons pour le nouveau Louvre, deux bustes pour l'opéra Garnier, et une fontaine monumentale à Amiens.
Son Jeune gaulois prisonnier (plâtre de 1864, marbre de 1867, bronze d'avant 1874) mérite attention : à une époque où les femmes n'avaient pas encore accès aux cours de nus et d'anatomie, il est sans doute l'un des plus anciens nus d'homme, jamaissculpté par une femme...
Sa Jeune fille au bain (marbre de 1876) eut un énorme succès et elle fut la 1ère femme sculptrice à obtenir une médaille d'Or de 1ère classe pour le plâtre de sa Psyché sous l'empire du mystère lors de l'Exposition Universelle de 1889 (une petite révolution... tout comme l'avait été la médaille d'Honneur de Rosa Bonheur, en tant que femme peintre, à l'exposition universelle de 1855)
Elle participa, enfin, activement à la grande Exposition Internationale de Chicago de 1893.